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« Ma première priorité sera d’écouter » : la première femme appelée à diriger les Œuvres pontificales missionnaires dévoile sa vision à Press Crux
La religieuse irlandaise sœur Mary Teresa Barron, nommée par le pape Léon XIV à la présidence des Œuvres pontificales missionnaires, confie à Press Crux ses priorités pour l’évangélisation, les enseignements de ses années de mission en Afrique, les défis des jeunes Églises et le rôle souvent méconnu des femmes dans la transmission de la foi. Avant son entrée en fonction en janvier 2027, elle adresse également un message aux catholiques du Mexique et d’Amérique latine : « Votre vocation missionnaire est plus importante que jamais. »
ENTRETIEN EXCLUSIF | VATICAN
Ana Paula Morales (Poli)
11/2/202616 min temps de lecture


Sœur Mary Teresa Barron, première femme nommée à la présidence des Œuvres pontificales missionnaires, dans une composition visuelle évoquant la dimension universelle de la mission de l’Église. Illustration réalisée à l’aide de l’intelligence artificielle à partir d’une photographie de la religieuse.
MEXICO.- Alors qu’elle s’apprête à devenir la première femme à présider les Œuvres pontificales missionnaires, le réseau mondial qui soutient l’activité missionnaire de l’Église catholique, sœur Mary Teresa Barron affirme que sa première priorité ne sera ni d’annoncer de vastes réformes ni de présenter de nouvelles stratégies élaborées depuis Rome. La religieuse irlandaise entend d’abord écouter les Églises locales, les missionnaires et les communautés qui vivent quotidiennement les défis de l’évangélisation.
« Ma première priorité sera d’écouter : écouter les Œuvres pontificales missionnaires à travers le monde, les Églises locales, les missionnaires et les communautés qu’ils servent », déclare-t-elle dans un entretien exclusif accordé par écrit à Press Crux.
« Une mission efficace commence par l’écoute de ce que l’Esprit Saint dit à travers le Peuple de Dieu. Avant de proposer des priorités, il est important d’entendre les joies, les espérances, les défis et les réalités vécues par l’Église dans différents contextes », ajoute-t-elle.
Nommée le 8 octobre dernier par le pape Léon XIV, sœur Mary Teresa Barron prendra ses fonctions le 4 janvier 2027. Elle deviendra présidente des Œuvres pontificales missionnaires et secrétaire adjointe de la Section pour la première évangélisation et les nouvelles Églises particulières du Dicastère pour l’évangélisation.
Cette nomination intervient dans une période de profondes transformations du catholicisme mondial. Selon le dossier statistique de l’Église publié en octobre 2026 par l’Agence Fides, sur la base de données de 2024, le nombre de catholiques dans le monde atteint environ 1,422 milliard. L’Afrique continue d’enregistrer une croissance importante de sa population catholique, tandis que les effectifs des religieuses et des grands séminaristes diminuent à l’échelle mondiale.
Ces évolutions contrastées soulignent la diversité des réalités auxquelles l’Église doit répondre, entre pauvreté, mutations culturelles, conflits, déplacements de populations et formation des nouvelles générations.
Que sont les Œuvres pontificales missionnaires ?
Les Œuvres pontificales missionnaires constituent un réseau international au service du Pape et des Églises locales. Elles favorisent la prière, la formation, la sensibilisation et la solidarité financière en faveur de l’évangélisation, particulièrement dans les territoires où les communautés catholiques disposent de ressources limitées. Elles regroupent quatre œuvres : la Propagation de la Foi, qui soutient les besoins pastoraux des jeunes Églises ; Saint-Pierre-Apôtre, consacrée notamment à la formation des séminaristes et des religieux ; l’Enfance missionnaire, qui encourage les enfants à participer à la mission ; et l’Union pontificale missionnaire, qui développe la formation et la conscience missionnaires. Ce réseau contribue au fonctionnement des séminaires, à la formation des catéchistes ainsi qu’au soutien des paroisses, des chapelles et des communautés chrétiennes.
L’ampleur des besoins apparaît dans les données publiées par Fides : l’Église compte 111 602 stations missionnaires dans le monde, dont seulement 4 187 disposent d’un prêtre résident. Les 107 415 autres fonctionnent sans présence sacerdotale permanente.
Pour sœur Mary Teresa Barron, l’action des Œuvres pontificales missionnaires ne saurait être limitée à la collecte et à la redistribution de ressources financières.
« Les Œuvres pontificales missionnaires ont un rôle unique à jouer pour renforcer la solidarité entre les Églises, en nous aidant à reconnaître que nous formons une seule famille missionnaire, au sein de laquelle aucune communauté ne devrait se sentir isolée ou oubliée », explique-t-elle.
Elle souhaite également renforcer la formation missionnaire et approfondir les liens entre les Églises locales.
« Je voudrais aussi renforcer la formation missionnaire, approfondir la collaboration entre les Églises locales et promouvoir une prise de conscience plus grande du fait que la mission est la responsabilité de chaque baptisé », précise-t-elle.
De l’Irlande à l’Afrique : plus de trois décennies de vocation missionnaire
Née le 7 novembre 1968 dans le comté de Donegal, en Irlande, Mary Teresa Barron entre en 1992 chez les Sœurs missionnaires de Notre-Dame des Apôtres. Après son noviciat à Cork, elle exerce son apostolat au Nigeria et en Tanzanie, où elle s’engage notamment dans l’éducation, l’accompagnement pastoral, le développement communautaire et des programmes destinés aux femmes ainsi qu’aux personnes touchées par le VIH/sida.
Elle prononce ses vœux perpétuels le 1er juillet 2001. Sa formation universitaire comprend des études supérieures en administration des services de santé publique et en développement international, à Dublin.
Élue supérieure générale de sa congrégation en 2018, elle préside ensuite le Service de documentation et d’études sur la mission mondiale (SEDOS) de 2022 à 2025, puis l’Union internationale des supérieures générales (UISG) de 2023 à 2025.
Son parcours comprend également une participation au processus synodal de l’Église et des responsabilités liées au Saint-Siège. Mais ce sont surtout ses années en Afrique qui ont profondément façonné sa compréhension de l’évangélisation.
« Mes années en Afrique comptent parmi les plus grands cadeaux de ma vie missionnaire. Les Églises locales m’y ont appris que l’évangélisation est avant tout une affaire de relations et de présence », confie-t-elle à Press Crux.
« Avant de proclamer l’Évangile par des paroles, il faut être prêt à partager la vie des personnes, à écouter leurs histoires, à se réjouir de leurs espérances et à marcher avec elles dans leurs épreuves. »
La religieuse se souvient particulièrement de la foi des femmes rencontrées au sein des communautés africaines, souvent confrontées à la pauvreté et au manque de ressources.
« J’ai été profondément touchée par la vitalité de la foi, exprimée tout particulièrement par les femmes avec lesquelles j’ai travaillé en étroite collaboration. Même dans des situations marquées par la pauvreté ou le manque de moyens, j’ai rencontré une résilience, une joie et une confiance extraordinaires dans la providence de Dieu. »
Ces rencontres l’ont amenée à porter un regard nouveau sur la mission.
« Ces expériences m’ont conduite à comprendre la mission non pas comme quelque chose que l’on apporte aux autres, mais comme un échange réciproque de dons dans lequel tous sont évangélisés », souligne-t-elle.
« Cette nomination n’était ni recherchée ni attendue »
Interrogée sur la manière dont elle a accueilli sa nomination, sœur Mary Teresa Barron reconnaît avoir été profondément surprise.
« Lorsque l’on m’a évoqué pour la première fois la possibilité de cette nomination, j’ai été extrêmement surprise que l’on pense à moi, mais aussi enthousiaste, en tant que missionnaire, à l’idée de pouvoir contribuer à la vocation missionnaire de tous les baptisés », raconte-t-elle.
La religieuse n’avait pas encore achevé son mandat à la tête de sa congrégation. Elle a donc souhaité prendre le temps d’un discernement communautaire.
« Comme pour toute vocation missionnaire, cette nomination n’était ni quelque chose que je recherchais ni quelque chose que j’attendais. Je n’ai pas encore terminé mon mandat à la tête de ma congrégation. »
« Ma réaction spontanée a donc été de vérifier si je pouvais partager cette demande avec les conseillères qui travaillent avec moi au sein du conseil de direction de la congrégation, afin que nous puissions discerner ensemble notre réponse à cet appel. »
Consciente de ses limites personnelles, elle affirme néanmoins avoir éprouvé une paix intérieure.
« Alors que j’étais profondément consciente de mes propres limites, j’ai en même temps ressenti une paix intérieure née de la confiance que le Seigneur n’appelle jamais sans donner également la grâce nécessaire à la mission confiée. »
Elle considère ainsi son arrivée au Vatican comme la continuité de sa vocation religieuse.
« Il ne s’agit pas d’un nouveau chemin, mais d’une nouvelle manière de servir le même Évangile », explique-t-elle.
« Je reçois cette nomination comme une invitation à me mettre, avec l’expérience de ma congrégation missionnaire, encore davantage au service de l’Église universelle, particulièrement de ces Églises locales qui continuent de témoigner du Christ dans des circonstances difficiles. »
Elle résume cette attitude dans une déclaration qui traverse l’ensemble de son entretien :
« La mission appartient à Dieu. Nous sommes simplement des collaborateurs de son œuvre de salut, appelés à écouter, à accompagner et à favoriser la communion entre les peuples et les cultures. »
« Le plus grand défi de l’Église est aussi sa plus grande chance »
Interrogée sur les défis les plus urgents des jeunes Églises, notamment en Afrique, en Asie et en Amérique latine, la future présidente des Œuvres pontificales missionnaires place la formation des disciples missionnaires au premier rang de ses préoccupations.
« Avant tout, je crois que le plus grand défi auquel l’Église est confrontée aujourd’hui est aussi sa plus grande chance : former des disciples missionnaires capables de vivre l’Évangile et d’en témoigner authentiquement dans le monde actuel », affirme-t-elle.
À ses yeux, la mission chrétienne ne peut être réduite à l’annonce verbale de la foi. Elle doit se traduire dans la manière dont les croyants vivent et agissent.
« Dans un monde de plus en plus marqué par l’individualisme, la polarisation, la peur de la différence et la fragmentation sociale, l’Église est appelée à former des femmes et des hommes capables de construire des ponts, de favoriser le dialogue et de témoigner de la dignité de toute personne humaine. »
« Aujourd’hui, la mission exige non seulement de proclamer l’Évangile, mais aussi de l’incarner dans notre manière de vivre, d’entrer en relation les uns avec les autres et de prendre soin de notre maison commune. »
Sœur Mary Teresa souligne en particulier la nécessité d’une formation intégrale, capable de préparer les prêtres, les religieux et les laïcs aux mutations contemporaines.
« L’un des défis les plus pressants est la nécessité d’une formation intégrale qui permette au clergé, aux religieux et aux fidèles laïcs de répondre aux réalités sociales, culturelles, technologiques et spirituelles qui évoluent rapidement, tout en restant fermement enracinés dans l’Évangile », explique-t-elle.
Elle identifie également la pauvreté, les inégalités, les migrations, les conflits et la dégradation de l’environnement parmi les difficultés qui affectent les communautés missionnaires.
« Ces réalités n’affectent pas seulement les conditions matérielles, mais aussi la dignité humaine, la cohésion sociale et la capacité des communautés à s’épanouir », souligne-t-elle.
« La mission de l’Église ne peut être séparée de la promotion de la justice, de la paix, de la réconciliation et du soin de la création, car ces dimensions font partie intégrante du message de l’Évangile. »
Les jeunes, une préoccupation centrale pour l’évangélisation
La religieuse attire également l’attention sur la nécessité d’accompagner les nouvelles générations.
« Partout dans le monde, beaucoup de jeunes cherchent leur identité, un sentiment d’appartenance, un sens à leur vie et de l’espérance. Ils sont souvent profondément généreux et passionnés par la construction d’un monde meilleur, mais ils peuvent aussi se sentir éloignés des institutions et des communautés », observe-t-elle.
Pour répondre à cette situation, elle invite l’Église à développer une véritable culture de l’écoute.
« L’Église doit trouver des moyens de continuer à les écouter, de marcher avec eux et de créer des espaces où ils puissent rencontrer le Christ et découvrir leur propre vocation missionnaire. »
Malgré les difficultés, sœur Mary Teresa Barron estime que les jeunes Églises apportent une contribution essentielle à l’avenir du catholicisme.
« Les jeunes Églises ne sont plus simplement des bénéficiaires de missionnaires ou d’un soutien missionnaire ; elles deviennent de plus en plus des protagonistes de la mission », souligne-t-elle.
« Elles enrichissent l’Église universelle par leur foi, leur vitalité, leur créativité, leur expérience interculturelle et leur profond sens de la communauté. »
Elle insiste sur la réciprocité qui doit caractériser les relations entre les Églises.
« L’avenir de la mission dépendra en grande partie de notre capacité à apprendre les uns des autres et à reconnaître que chaque Église locale a à la fois des dons à recevoir et des dons à partager. »
« Il ne s’agit pas d’une femme qui obtient une fonction »
Si la nomination de sœur Mary Teresa Barron marque une étape historique, puisqu’elle sera la première femme à présider les Œuvres pontificales missionnaires, la religieuse refuse de réduire cet événement à une réussite personnelle.
« Je considère cette nomination comme une reconnaissance des innombrables femmes qui, tout au long de l’histoire de l’Église, ont consacré leur vie à la mission de l’Évangile », affirme-t-elle.
Elle rappelle que des générations de religieuses et de laïques ont été évangélisatrices, éducatrices, catéchistes, soignantes, animatrices de communautés, responsables pastorales et missionnaires, souvent dans la discrétion.
« Beaucoup ont servi dans des lieux reculés, souvent avec peu de reconnaissance, alors que leur témoignage a été indispensable à la croissance et à la vitalité des communautés chrétiennes. »
Barron s’interroge également sur la place accordée aux femmes dans les récits historiques de l’évangélisation.
« On dit souvent, en anglais, que l’histoire est his-story, l’histoire des hommes, et lorsque l’on examine de nombreux récits de l’évangélisation, les contributions masculines occupent naturellement une grande partie du récit. »
« Mais à côté de cette histoire existe ce que certains ont appelé her-story, l’histoire des femmes, trop souvent négligée : celle de femmes dont la foi, le courage et la persévérance ont contribué à fonder, soutenir et faire grandir les communautés chrétiennes à travers le monde. »
Dans de nombreuses régions, rappelle-t-elle, les femmes ont été parmi les premières à transmettre la foi, au sein des familles, des écoles, des centres de santé et des communautés locales.
« Leur contribution n’a pas toujours été suffisamment documentée, mais elle a été inestimable. »
Elle souhaite que sa nomination rende cette histoire davantage visible.
« Il ne s’agit pas d’une femme qui obtient une fonction ; il s’agit de reconnaître les innombrables femmes dont le service a fait de l’Église ce qu’elle est aujourd’hui. »
La future présidente des Œuvres pontificales missionnaires espère également que son parcours encouragera les jeunes femmes engagées dans la vie de l’Église.
« J’espère que les jeunes femmes, religieuses comme laïques, verront dans ce moment un encouragement à continuer d’offrir généreusement leurs talents au service de l’Évangile. »
Elle rappelle que le pape François a souvent souligné la nécessité d'une participation plus large des femmes aux processus de discernement, de décision et de gouvernement.
« Cette nomination peut être considérée comme une nouvelle étape dans ce cheminement plus large, tout en nous rappelant que la mission de l’Église a toujours été enrichie par la contribution indispensable des femmes, qu’elle soit visible ou cachée. »
« L’unité n’exige pas l’uniformité »
Grâce à son expérience dans plusieurs continents et à ses responsabilités au sein de congrégations internationales, sœur Mary Teresa Barron a développé une vision profondément interculturelle de l’Église.
« Ces expériences ont renforcé ma conviction que l’Église est de plus en plus multiculturelle et interculturelle, et que l’une de ses grandes forces réside dans sa capacité à accueillir la diversité tout en favorisant l’unité dans le Christ », explique-t-elle.
Dans un monde marqué par de nombreuses divisions, cette diversité représente selon elle un témoignage important.
« L’Esprit est à l’œuvre parmi les différents peuples, cultures et traditions, enrichissant tout le Corps du Christ à travers leurs dons et leurs témoignages particuliers. »
« En vivant une interculturalité authentique et en en donnant l’exemple, l’Église offre un signe puissant montrant que l’unité n’exige pas l’uniformité, mais qu’elle s’épanouit grâce au respect mutuel, au dialogue et à la célébration de nos différences comme des dons de Dieu. »
Un message au Mexique et à l’Amérique latine : « Votre vocation missionnaire est plus importante que jamais »
Dans cet entretien exclusif avec Press Crux, sœur Mary Teresa Barron adresse également un message particulier aux catholiques du Mexique et de l’ensemble de l’Amérique latine.
« Aux catholiques du Mexique et de toute l’Amérique latine, je dirais que votre vocation missionnaire est plus importante que jamais », affirme-t-elle.
Elle reconnaît que sa connaissance directe de l’Amérique latine demeure limitée à des visites dans les communautés de sa congrégation en Argentine et à un bref séjour au Brésil.
Néanmoins, elle se dit profondément touchée par l’engagement pastoral des Églises latino-américaines, notamment auprès des populations marginalisées.
« J’ai été profondément inspirée par ce que j’ai rencontré », confie-t-elle.
Elle évoque notamment les initiatives missionnaires menées en Amazonie, où évêques, prêtres, religieux, religieuses et laïcs travaillent ensemble dans un esprit de responsabilité partagée.
« De telles expériences offrent d’importantes leçons à l’Église universelle sur la synodalité, la participation et l’engagement missionnaire », estime-t-elle.
Pour Barron, l’Amérique latine ne doit pas seulement être considérée comme une région ayant historiquement accueilli des missionnaires, mais aussi comme une source croissante de vocations et d’expériences missionnaires pour l’Église universelle.
« L’Amérique latine possède un riche héritage de foi, de dévotion populaire, de créativité pastorale et d’engagement profond envers les pauvres », souligne-t-elle.
« L’Église universelle considère l’Amérique latine non seulement comme une région qui reçoit des missionnaires, mais de plus en plus comme une région qui envoie des missionnaires, partage généreusement ses dons et contribue de manière significative à la mission évangélisatrice de l’Église. »
Elle considère que la vitalité des communautés latino-américaines constitue un apport précieux pour les autres Églises.
« Votre expérience nous rappelle que la mission se développe le mieux lorsqu’elle est enracinée dans des communautés de foi vivantes et qu’elle s’exprime par des actes concrets de solidarité et de service. »
« La mission n’est pas l’affaire de quelques spécialistes »
Sœur Mary Teresa Barron insiste sur un autre aspect fondamental de sa vision : la mission ne peut être réservée à ceux qui partent annoncer l’Évangile dans des territoires lointains.
« L’une des évolutions importantes de l’Église depuis le concile Vatican II a été une compréhension plus profonde du fait que la mission n’est pas la responsabilité de quelques spécialistes et qu’elle ne se limite pas au départ vers des pays lointains pour y proclamer l’Évangile », explique-t-elle.
« La mission appartient à tout le Peuple de Dieu et l’engagement missionnaire des disciples est nécessaire partout. »
Elle invite les catholiques à reconnaître les besoins spirituels et humains des personnes qui les entourent.
« Où que nous soyons, nous sommes appelés à regarder au-delà des murs de nos églises et à prêter attention aux personnes qui nous entourent et qui cherchent de l’espérance, du sens, de la compassion et un sentiment d’appartenance. »
« Nous sommes appelés à être une Église en sortie, une Église qui rencontre les personnes là où elles se trouvent et qui témoigne de l’amour de Dieu aussi bien par la parole que par les actes. »
Écouter avant d’agir : la mission qu’elle portera à Rome
Lorsque sœur Mary Teresa Barron prendra ses nouvelles fonctions, le 4 janvier 2027, elle apportera au Vatican l’expérience acquise au sein de communautés africaines, plusieurs années de gouvernement religieux et une connaissance de la diversité des Églises locales.
Sa nomination intervient également pendant l’année du centenaire de la Journée mondiale des missions, instituée en 1926, qui invite les catholiques à renouveler leur solidarité envers les communautés missionnaires.
Pourtant, avant d’annoncer de nouveaux projets, la religieuse préfère insister sur l’écoute.
« Avant de proposer des priorités, il est important d’entendre les joies, les espérances, les défis et les réalités vécues par l’Église dans différents contextes », rappelle-t-elle.
Son message final s’adresse à tous les catholiques, et non seulement à ceux qui travaillent directement dans les missions.
« Mon encouragement à tous les catholiques est de cultiver un cœur véritablement missionnaire : prier pour les missions, les soutenir généreusement et témoigner de l’Évangile dans la vie quotidienne. »
Elle conclut par une invitation qui résume sa compréhension de l’évangélisation :
« La mission commence chaque fois que nous nous laissons aller à la rencontre des autres avec ouverture, compassion et le désir de partager l’espérance qui vient du Christ. En ce sens, chaque disciple est un missionnaire et chaque communauté chrétienne est appelée à être un signe vivant de l’amour de Dieu pour le monde. »
Cet entretien exclusif a été réalisé par écrit par Ana Paula Morales pour Press Crux. Les déclarations de sœur Mary Teresa Barron ont été traduites de l’anglais vers le français à partir de ses réponses originales. Les informations institutionnelles et biographiques ont été vérifiées à partir de sources ecclésiales. Les données statistiques proviennent du dossier 2026 de l’Agence Fides, fondé sur les chiffres de 2024.


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