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« J’ai beaucoup pensé à Haïti » : une missionnaire écoute le pape parler de paix à Paris
Missionnaire française, sœur Paësie vit depuis vingt-sept ans en Haïti, dont neuf à Cité Soleil, l’un des quartiers les plus pauvres et les plus violents de Port-au-Prince, où elle a fondé la Famille Kizito. Venue en France pour rendre visite à sa famille, elle s’y trouvait au moment de la visite du pape Léon XIV à Paris.
ENTRETIEN | ÉGLISE EN FRANCE
Ana Paula Morales (Poli)
9/27/20265 min temps de lecture


Image : composition éditoriale de Press Crux, réalisée avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir d’une photographie de sœur Paësie.
Sœur Paësie se trouvait parmi les fidèles réunis place de la Concorde, à Paris, pour la messe du pape Léon XIV. En l’écoutant parler de paix, ses pensées sont allées vers Haïti et, surtout, vers les enfants qu’elle accompagne à Cité Soleil.
« Ce qui me vient à l’esprit, ce sont surtout mes petits », confie la missionnaire française à Press Crux. Parmi eux figurent des enfants qu’elle décrit comme des « orphelins de guerre ». « Je viens d’un pays en guerre en France, qui est censée être en paix. Et ici, nous parlons de paix », souligne-t-elle. Cette aspiration, qu’elle estime « profondément enracinée dans le cœur de chacun », dépasse la seule fin des affrontements : « Ce n’est pas seulement la paix extérieure. »
Léon XIV a célébré la messe place de la Concorde le samedi 26 septembre devant quelque 700 000 fidèles, selon le Saint-Siège. Dans son homélie, il a évoqué la soif d’unité et de paix, invitant les catholiques français à porter l’espérance à ceux qui vivent dans le découragement.
De cette célébration, sœur Paësie garde le souvenir du « sourire du pape » et de « la force et la paix qui émanent de sa personne ». Elle a également été frappée de voir des milliers de personnes qui ne se connaissaient pas se rassembler autour de lui. « Seul l’Esprit Saint peut faire cela », affirme-t-elle. À la joie de la foule succédait, pendant les temps de prière, un « silence absolu » dont elle conserve encore le souvenir.
Arrivée en Haïti en juin 1999 comme Missionnaire de la Charité, la congrégation fondée par sainte Teresa de Calcutta, sœur Paësie a fondé la Famille Kizito en 2017 et s’est installée à Cité Soleil, à Port-au-Prince. Depuis, elle partage la vie du quartier et accompagne les enfants à travers des écoles, des foyers d’accueil et la catéchèse.
La violence qui entoure ces enfants aggrave aussi leurs besoins les plus élémentaires. Dans un rapport publié le 17 septembre, l’UNICEF, la FAO et le Programme alimentaire mondial ont alerté sur les attaques de groupes armés qui entravent l’accès des familles haïtiennes à la nourriture et aux soins. L’analyse prévoit une situation critique de malnutrition infantile à Cité Soleil entre décembre 2026 et mai 2027.
Son retour en France a également permis à sœur Paësie de porter un regard sur la foi dans son pays natal. Elle estime que les médias présentent souvent la France comme une nation entièrement sécularisée. Si le nombre de croyants peut, reconnaît-elle, expliquer cette image, celle-ci laisse dans l’ombre une autre réalité : « Les chrétiens de France aujourd’hui sont vraiment très fervents. »
À ses yeux, un rassemblement comme celui du samedi rend cette foi visible. La foule et le silence de la prière lui ont donné de la joie. Les paroles sur la paix, elles, l’ont ramenée auprès des enfants de Cité Soleil : « Oui, j’ai beaucoup pensé à Haïti. »




Foto: cortesía de la hermana Paësie.
Sœur Paësie aux côtés de ses parents dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, lors des vêpres présidées par le pape Léon XIV. Photos : avec l’aimable autorisation de sœur Paësie.


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