Si vous n’avez pas pu prier le Rosaire pour la paix au Moyen-Orient, vous pouvez encore le regarder et vous unir à la prière ici.
Un prêtre de 68 ans assassiné au Liban ; son évêque appelle à l’espérance : « Nous sommes des enfants de la Résurrection »
L’Église maronite pleure le père Samir Daou. Les autorités libanaises ont annoncé l’arrestation d’un suspect le 30 octobre, mais n’ont pas établi publiquement de mobile religieux.
ÉGLISE AU LIBAN
Ana Paula Morales (Poli)
11/2/20265 min temps de lecture


BYBLOS, Liban. L’évêque maronite de Jbeil — la ville historique de Byblos —, Mgr Michel Aoun, a exhorté son diocèse à ne pas perdre l’espérance et à œuvrer pour la paix après l’assassinat du père Samir Mikhaël Daou, un prêtre qui desservait plusieurs communautés de la région.
« Nous sommes des enfants de la Résurrection », a déclaré le prélat dans une homélie publiée ce lundi par le Centre catholique d’information du Liban. À l’ouverture de l’année liturgique et diocésaine, il a reconnu la douleur de la famille du prêtre, de ses paroissiens et du presbyterium, et offert l’Eucharistie pour le repos de son âme. L’homélie a été publiée le 2 novembre ; le crime était connu depuis la semaine précédente.
Byblos, aujourd’hui appelée Jbeil, possède également un lien avec les Écritures : c’est l’ancienne cité phénicienne de Gebal, dont les artisans sont mentionnés en Ézéchiel 27, 9 pour leur habileté à réparer les navires de Tyr. Cette référence situe la cité dans l’horizon historique de l’Ancien Testament et rappelle ses relations anciennes avec les autres peuples de la côte méditerranéenne.
Un prêtre avec 33 années de ministère
Le père Samir Mikhaël Daou avait 68 ans et 33 années de sacerdoce, a rappelé Mgr Aoun lors de ses funérailles, célébrées le 1er novembre. Il était prêtre diocésain de l’éparchie maronite de Jbeil (Byblos), et non membre d’une congrégation religieuse. Originaire d’Aïn Jrain, il desservait les communautés de Hsoun, Farhet et Aïn el-Delbé.
Entré au séminaire de Ghazir en 1977, il avait reçu l’ordination sacerdotale en 1993, après un séjour au Canada. Il était marié depuis 1986 à Rogette et père de trois filles et d’un fils, ainsi que grand-père. L’évêque s’est souvenu d’un homme paisible, proche de sa famille et dévoué à ses communautés. L’Église maronite, en pleine communion avec Rome, admet l’ordination d’hommes mariés.
De la disparition à l’enquête
Selon L’Orient-Le Jour, jeudi 29 octobre, le père Daou n’était plus joignable depuis le mercredi 28. Ses proches ont retrouvé son corps dans une maison lui appartenant à Aïn Jrain, dans le district de Jbeil. La police judiciaire s’est rendue sur place pour relever les empreintes et recueillir d’autres indices.
Le prêtre desservait les paroisses de Hsoun, Farhet et Aïn el-Delbé. Dans son premier communiqué, l’archevêché maronite a condamné le crime, rappelé son dévouement au service de Dieu et des fidèles, et appelé à la prudence face aux versions qui circulaient. L’Orient-Le Jour.
Le vendredi 30 octobre, les Forces de sécurité intérieure ont annoncé l’arrestation d’un suspect. Selon LBCI, les autorités ont confirmé que l’enquête se poursuivait sous supervision judiciaire. L’Orient-Le Jour a précisé que l’annonce policière ne donnait ni l’identité du détenu ni le mobile du crime. Une arrestation ne vaut pas condamnation.
Le patriarche maronite, le cardinal Béchara Boutros Raï, a demandé que les faits soient éclaircis et que les responsables soient traduits en justice. L’archevêché a également invité à ne pas relayer de rumeurs ou de récits non vérifiés. L’Orient-Le Jour.
La douleur d’un diocèse et la tâche de construire la paix
Dans l’homélie publiée le 2 novembre, Mgr Aoun n’a pas réduit la paix à une demande adressée aux autres. Il a invité les fidèles à examiner leur propre conduite et à bâtir la paix au sein des familles, des paroisses et de la société. La prière, a-t-il expliqué, doit se traduire par une conversion et par des relations concrètes de respect et d’amour.
L’évêque a relié cette tâche aux souffrances du Liban et du Moyen-Orient, sans présenter l’assassinat du père Daou comme un crime dont le mobile religieux serait établi.
Cette distinction est importante. Un prêtre peut être victime de violence criminelle sans que l’on ait prouvé qu’il a été attaqué en raison de sa foi. Parler de persécution religieuse suppose de démontrer ce lien ; la seule qualité de prêtre de la victime ne suffit pas.
Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques de l’ONU protège la vie et la liberté religieuse. À Byblos, élucider le crime et accompagner ceux qui ont perdu leur prêtre restent deux tâches ouvertes : l’espérance chrétienne ne remplace ni la justice ni la recherche de la vérité.
Légende : Le père Samir Mikhaël Daou et une vue d’archive de l’église Saint-Jean à Byblos, au Liban. Montage éditorial assisté par IA : Press Crux. Portrait diffusé par Daou Families/Facebook, via L’Orient-Le Jour ; photographie de l’église : Linaduliban/Wikimedia Commons, domaine public. Les images correspondent à des lieux et à des moments différents.


Vous souhaitez nous aider à grandir ? Lisez. Priez. Partagez.
Lisez nos articles et faites de chaque histoire une prière : pour le pays qui traverse une crise, pour ceux qui souffrent, pour le missionnaire ou la missionnaire et pour la personne qui livre son témoignage.
Tout au long de ma vie, l’exemple d’un saint qui priait en lisant les nouvelles m’a inspirée : il regardait le monde et le présentait à Dieu.
Et, si vous le pouvez, soutenez Press Crux pour que nous puissions continuer à raconter ces histoires avec rigueur, indépendance et espérance.




