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Après une année noire sur le rail espagnol, l’Église se mobilise auprès des victimes de la catastrophe de Tolède
La collision entre un train à grande vitesse AVE de Renfe et un train Iryo a fait au moins 68 morts. Les paroisses et Caritas proposent leur aide aux familles, tandis que l’opposition réclame des éclaircissements sur les circonstances du drame et un réexamen de la sécurité du réseau ferroviaire.
ÉGLISE EN ESPAGNE
Ana Paula Morales (Poli)
10/29/20265 min temps de lecture


Vue des wagons accidentés après la collision entre un train à grande vitesse AVE de Renfe et un train Iryo, survenue le 28 octobre 2026 entre Los Yébenes et Urda, dans la province de Tolède, en Espagne. Photographie : ministère espagnol de la Défense.
ESPAGNE — L’Église catholique espagnole a exprimé sa profonde douleur et proposé son soutien aux victimes de la collision entre un train à grande vitesse AVE de Renfe et un train de la compagnie Iryo, survenue le 28 octobre entre Los Yébenes et Urda, dans la province de Tolède, au centre de l’Espagne. Selon le bilan provisoire rapporté par RTVE dans la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 octobre, au moins 68 personnes ont perdu la vie et plus d’une dizaine de blessés se trouvent dans un état très grave. Le gouvernement espagnol a décrété trois jours de deuil national, du 29 au 31 octobre.
La Conférence épiscopale espagnole a adressé ses condoléances aux familles endeuillées, appelé à prier pour le repos des défunts et le rétablissement des blessés, et invité les communautés chrétiennes à porter les victimes et leurs proches dans leurs célébrations liturgiques. Les évêques ont également confié à la prière les équipes de secours et toutes les personnes mobilisées pour accompagner les familles.
À Tolède, l’archevêque Francisco Cerro Chaves et son évêque auxiliaire, Mgr Francisco César García Magán, ont mis à la disposition des personnes touchées les moyens de l’archidiocèse, des paroisses d’Urda et de Los Yébenes ainsi que de Caritas diocésaine. Dans leur communiqué conjoint, ils proposent une aide matérielle et un accompagnement humain et spirituel aux familles confrontées à l’angoisse, au deuil et à l’incertitude.
Plusieurs responsables de l’Église espagnole se sont associés à cet appel à la prière et à la solidarité, notamment le cardinal José Cobo, archevêque de Madrid, Mgr José Ángel Saiz Meneses, archevêque de Séville, et ses évêques auxiliaires, Mgr José María Gil Tamayo, archevêque de Grenade, ainsi que Mgr José Ignacio Munilla, évêque d’Orihuela-Alicante. Tous ont exprimé leur proximité avec les familles des victimes et salué le travail des secouristes et des professionnels mobilisés sur les lieux de la catastrophe.
Une année 2026 marquée par une succession d’accidents ferroviaires
La catastrophe d’Urda s’ajoute à une série d’accidents et d’incidents qui ont touché le réseau ferroviaire espagnol depuis le début de l’année. Collisions, déraillements, accident à un passage à niveau et incendie à bord d’un train : ces événements, dont les circonstances et la gravité diffèrent, font chacun l’objet d’investigations spécifiques.
Le 18 janvier, à Adamuz, dans la province de Cordoue, un train Iryo reliant Malaga à Madrid a déraillé, provoquant un accident impliquant également un train Alvia de Renfe qui circulait entre Madrid et Huelva. Le bilan s’est élevé à 46 morts et plus d’une centaine de blessés, selon la chronologie établie par RTVE.
Deux jours plus tard, le 20 janvier, entre Gelida et Sant Sadurní d’Anoia, près de Barcelone, un train de la ligne R4 du réseau régional Rodalies a percuté un mur de soutènement qui s’était effondré sur les voies pendant une tempête. L’accident a fait un mort et 41 blessés, selon le bilan repris ultérieurement dans le décret royal relatif à l’aide aux victimes.
Le 20 janvier également, entre Tordera et Maçanet-Massanes, la chute d’un rocher sur les rails a provoqué le déraillement partiel d’un autre train. Les dix personnes présentes à bord sont sorties indemnes et ont été évacuées, selon le communiqué de Rodalies de Catalunya.
Le 22 janvier, à Alumbres, près de Carthagène, le bras d’un camion-grue intervenant à proximité de la ligne ferroviaire Carthagène–Los Nietos a empiété sur le gabarit de circulation et heurté un wagon. Six personnes ont été légèrement blessées et transportées à l’hôpital, selon l’agence EFE.
Le 12 février, à Talavera de la Reina, dans la province de Tolède, un train Alvia a percuté une voiture à un passage à niveau, provoquant la mort du conducteur, âgé de 50 ans. Les 206 passagers du train ont été évacués et ont poursuivi leur voyage en autocar, selon EFE, qui a rapporté les éléments de l’enquête de la Guardia Civil.
Plus récemment, le 12 octobre, à Ricla, dans la province de Saragosse, un incendie survenu dans la cabine arrière d’un AVE reliant Madrid à Figueres a contraint les équipes à évacuer 283 voyageurs, sans faire de blessés. Le trafic à grande vitesse entre Madrid et Barcelone a été interrompu, comme l’a confirmé Renfe dans un communiqué.
Enfin, le 28 octobre, la collision d’Urda a provoqué une nouvelle catastrophe d’une ampleur exceptionnelle. Les causes exactes de l’accident restent à déterminer. Le ministre espagnol des Transports, Óscar Puente, a évoqué la possibilité qu’une instruction du centre de contrôle ait autorisé la reprise de la circulation alors que l’autre train se trouvait encore sur la même voie. Il s’agit toutefois d’une hypothèse avancée par le ministre, et non d’une conclusion définitive de l’enquête, selon l’agence EFE.
Des demandes d’enquête et une mobilisation pour soutenir les familles
Le président du Parti populaire (PP), principale formation d’opposition de droite, Alberto Núñez Feijóo, a réclamé des enquêtes gouvernementale et judiciaire indépendantes de toute ingérence, ainsi qu’un examen de l’état du réseau ferroviaire et des mesures de sécurité adoptées après la catastrophe d’Adamuz. « L’Espagne a le droit de savoir ce qui se passe avec ses infrastructures », a-t-il déclaré, selon le journal Tribuna de Valladolid.
Le Parti populaire a suspendu ses activités de précampagne électorale, contrairement à Vox, formation de droite radicale, qui a maintenu ses rendez-vous. Son dirigeant, Santiago Abascal, a défendu cette décision en accusant ses adversaires de vouloir instrumentaliser le deuil pour réduire son parti au silence, selon RTVE. De son côté, le chef du gouvernement, Pedro Sánchez, a assuré que les autorités agiraient avec fermeté si d’éventuelles négligences étaient confirmées.
Pendant que se poursuit l’enquête, Renfe maintient son dispositif d’assistance aux victimes et de soutien psychologique aux familles. À Tolède, les paroisses et Caritas ont proposé leurs ressources pour accompagner celles et ceux qui pleurent un proche ou attendent des nouvelles des blessés.
Dans ce contexte de deuil national, l’Église espagnole entend demeurer présente aux côtés des familles éprouvées, en leur apportant une aide concrète, une écoute et un soutien spirituel.


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