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« Aucun adolescent ne devrait être considéré comme perdu » : l’appel d’un prêtre après les violences en Italie
Après les pillages et les affrontements survenus dans le nord du pays, le gouvernement de Giorgia Meloni a durci les sanctions, prévoyant notamment des amendes à l’encontre des parents. Le responsable de l’éducation au sein de la Conférence épiscopale italienne appelle à conjuguer fermeté, responsabilité et accompagnement éducatif.
Ana Paula Morales (Poli)
10/29/20263 min temps de lecture


Vitrine endommagée à Milan, photographiée le 19 octobre 2026 à la suite des violences survenues dans la ville. Photographie : Julius Barclay / Wikimedia Commons, sous licence CC BY-SA 4.0.
ITALIE— Vitrines brisées, commerces pillés et affrontements avec les forces de l’ordre : les violences survenues dans le nord de l’Italie ont relancé un débat qui dépasse la seule question de la sécurité publique. Comment répondre aux actes de violence commis par des adolescents ? Et quelle responsabilité incombe aux adultes ? Dans ce contexte, le père Alberto Gastaldi, responsable de l’éducation au sein de la Conférence épiscopale italienne, qui rassemble les évêques catholiques du pays, appelle à une réponse qui exige des comptes sans jamais considérer qu’un jeune est irrémédiablement perdu, rapporte Reuters.
Sa réflexion, publiée le 28 octobre sur le site de l’épiscopat italien, intervient après les troubles du week-end des 17 et 18 octobre. Selon l’agence ANSA, à Milan, des groupes de jeunes se sont de nouveau rassemblés à la suite d’appels diffusés sur les réseaux sociaux, avant de briser des vitrines et de piller plusieurs établissements. Des troubles ont également été signalés à Turin et à Bologne.
Le gouvernement italien a réagi le 20 octobre en adoptant un nouveau dispositif sécuritaire. D’après Reuters, les mesures prévoient un durcissement des sanctions pour les violences commises lors de manifestations, une responsabilité financière des parents pour les dégradations causées par leurs enfants mineurs, ainsi que le déploiement de 500 militaires supplémentaires à Milan jusqu’à la fin de l’année.
« Qui casse paie, et si celui qui casse est mineur, ce sont ses parents qui paient », a déclaré Giorgia Meloni lors de la présentation du dispositif, selon ANSA. La présidente du Conseil italien a précisé que ce mécanisme visait à faciliter l’indemnisation des dommages causés aussi bien aux biens publics qu’aux propriétés privées.
À cette obligation de réparation s’ajoutent des sanctions administratives visant les parents. Selon Sky TG24, le texte adopté prévoit des amendes comprises entre 500 et 1 000 euros dans certains cas de violences ou de dégradations commises par des mineurs, sauf si les titulaires de l’autorité parentale démontrent qu’ils n’étaient pas en mesure d’empêcher les faits. En cas de récidive, les montants peuvent atteindre 1 000 à 2 000 euros. Ces amendes administratives sont distinctes des sommes dues au titre de la réparation des dommages.
Dans ce débat, le père Gastaldi met en lumière une autre forme de responsabilité : celle de l’éducation. Pour le prêtre, protéger les personnes et faire respecter les règles demeure indispensable. Mais il faut également s’interroger sur les repères que les adultes offrent aux adolescents. « Nous n’avons pas besoin d’adultes parfaits. […] Nous avons besoin d’adultes crédibles », écrit-il. Cette crédibilité suppose de tenir parole, de reconnaître ses erreurs et de poser des limites sans abandonner le jeune qui a commis une faute.
Son appel s’adresse aux familles, aux établissements scolaires, aux institutions, aux associations sportives et aux communautés chrétiennes. Il insiste sur l’importance du temps partagé et de l’attention portée aux adolescents qui restent à l’écart des activités éducatives, prennent leurs distances ou refusent les propositions d’accompagnement. « Aucun adolescent ne devrait être considéré comme perdu », souligne-t-il. Son texte ne mentionne toutefois pas explicitement Giorgia Meloni et ne se présente pas comme une réponse directe au décret gouvernemental.
L'isolement des jeunes avait également été évoqué par le pape Léon XIV le 22 octobre, lors d’une audience consacrée à la pastorale scolaire et universitaire. Le souverain pontife avait attiré l’attention sur les familles fragilisées, la solitude numérique et l’inquiétude face à l’avenir. « Beaucoup parcourent les couloirs de nos écoles et de nos universités, se sentant peut-être anonymes », avait-il averti, selon Vatican News. Il avait appelé les établissements éducatifs à devenir des lieux où chaque élève et chaque étudiant puisse être reconnu et accueilli, tout en encourageant une formation fondée sur la compassion et le service.
Pour le père Gastaldi, l’accompagnement ne doit pas attendre qu’un adolescent devienne une urgence. Il commence bien en amont : écouter, proposer, fixer des limites, confier des responsabilités et rester présent, y compris après un échec.


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